- Accueil
- Les actualités
- Un faux ingénieur
UN FAUX INGENIEUR POUR DE FAUX ARGUMENTS
M Damien MARCEL, mis en avant par les opposants à la centrale, n’est pas ingénieur !
M. Damien MARCEL est titulaire d’un DUT en génie climatique et travaille en tant que technicien.
RETABLISSONS LA VERITÉ
En plus d’user d’un faux titre, M. Damien MARCEL trompe les habitants sur les informations techniques relatives aux cycles combinés gaz prévus à Hambach.
Damien Marcel : « la taille de la centrale est choquante : 892 MW (2x446) c’est 68% d’une tranche de Cattenom »
Réponse :
ð L’unité de production d’Hambach est une installation à échelle nationale, qui concourt au renouvellement et à la modernisation du parc de production électrique français.
Elle n’est en rien comparable à la centrale nucléaire de Cattenom qui compte 4 réacteurs de 1 300 MW chacun (soit 5 200 MW), dont l’utilisation du nom est faite pour provoquer la confusion et l’inquiétude de la population.
ð La technologie des cycles combinés gaz, meilleure technologie disponible pour la production d’électricité thermique à flamme, ne peut être mise en œuvre que sur des puissances normalisées, de l’ordre de 450 MW par unité. En pratique, compte tenu des consommations internes des auxiliaires, la centrale pourra produire 2x420, soit 840 MW.
ð L’installation a un fonctionnement sûr et n’est pas soumise à la réglementation SEVESO, contrairement aux centrales nucléaires, en raison du faible risque engendré par son exploitation.
Damien Marcel : « 1ère motivation de Direct Energie : l’amélioration des performances de production d’énergie. La centrale à cycle combiné Gaz est présentée par Direct Energie comme un système à haute performance énergétique (on parle de rendement net de 57% dans le rapport), mais en fait le rendement réel est de 47% sur PCI (pouvoir calorifique inférieur). GDF donne 1m³ de gaz = 11 kWh (PCS pouvoir calorifique supérieur). Si on se base sur le pouvoir calorifique inférieur, le rendement n’est que de 42% : 1kWh électrique = 2,4 kWh de gaz. C’est donc une aberration énergétique car il y a de fortes pertes alors que Direct Energie parle de haute performance énergétique. »
Réponse :
ð Le débit réel de gaz est proche de 78.000 à 79.000 Nm3/h par unité. On prend généralement un PCI (pouvoir calorifique inférieur) de 10 kWh/Nm3.
Le calcul devient donc : Puissance nette délivrée au réseau / puissance de gaz introduite : 446 MW / (78.200 Nm3/h x 10 kWh/Nm3 / 1000) = 57 %.
ð Le pouvoir calorifique massique d’un combustible définit la quantité d’énergie libérée lors de sa combustion. Il se mesure en énergie qui serait dégagée par la combustion complète de un (1) mètre cube normal (Nm3), c’est à dire à 1,01325 bar de pression et à 0°C. La combustion d’hydrocarbure produit de l’eau, qui se dégage sous forme de vapeur d’eau, vapeur qui contient encore un peu d’énergie.
Il existe donc deux façons de compter l’énergie libérée :
o En prenant en compte l’énergie contenue dans la vapeur d’eau formée : on parle alors de pouvoir calorifique supérieur (PCS). Pour le gaz, il est d’environ 11 kWh/Nm3.
o Sans prendre en compte l’énergie encore contenue dans la vapeur d’eau : pouvoir calorifique inférieur (PCI). Pour le gaz, le PCI est d’environ 9,9 kWh/Nm3.
ð Le rendement d’une centrale correspond au rapport de l’énergie produite par l’énergie introduite. Il se calcule toujours sur la base du PCI du combustible. Dans le cas de la centrale de Hambach, le rendement est bien le plus élevé possible parmi les centrales thermiques existantes. Il est bien de 57% sur PCI et non de 42%.
Des éléments de comparaison sont donnés dans les tableaux ci-après. Ils sont issus du guide de référence des meilleures techniques disponibles (MTD) élaboré pour le compte de l’union Européenne et de ses Etats Membres :
Combustible | Technique combinée | Rendement électrique de l'installation (net) (en %) |
Gaz | Cycle combiné | 54-58 |
Turbine à gaz | 36-40 | |
Moteur à gaz | 38-45 | |
Moteur à gaz avec récupération de chaleur | >38 | |
Chaudière à gaz | 40-42 | |
Charbon et lignite | Cogénération | 75 – 90 |
Charbon | Charbon pulvérisé | 43 – 47 |
Lit fluidisé | >41 | |
Lit fluidisé sous pression | >42 | |
Lignite | PC (DBB) | 42 – 45 |
Lit fluidisé | >40 | |
Lit fluidisé sous pression | >42 | |
Biomasse | Combustion en couche | 20 environ |
Foyer à projection | >23 | |
Lit fluidisé | >28 – 30 | |
Tourbe | Lit fluidisé | >28 – 30 |
Ce tableau démontre que le cycle combiné a bien un des rendements les plus élevés parmi les différentes techniques disponibles.
Damien Marcel « En comparaison si on chauffe avec une chaudière gaz à condensation, on a 100% de rendement (donc plus du double de rendement). »
Réponse :
ð Cela n’a pas beaucoup de sens de comparer une chaudière, qui produit par définition de la chaleur uniquement, à une centrale électrique, qui ne produit que de l’électricité. Même s’il s’agit d’énergie dans les deux cas, chaleur et électricité ne sont pas comparables car elles n’ont pas les mêmes usages.
ð Les chaudières à condensation ont été conçues pour produire de l’eau chaude sanitaire à basse température et sont particulièrement adaptées pour les habitations. Elles ne sont pas comparables à une centrale électrique qui sert à produire de l’énergie électrique qui a bien d’autres usages.
Damien Marcel « Il existe d’autres techniques haute performance comme par exemple la cogénération : 1m³ de gaz sert à chauffer (production thermique) et à produire de l’électricité avec un rendement de 90%. »
Réponse :
ð La cogénération consiste à produire de l’électricité et de la vapeur dans la même installation. Cette solution est mise en avant pour des installations de petite taille qui alimentent des réseaux de chaleur ou des industries consommatrice de vapeur. Une cogénération fonctionne en continue durant tout l’hiver.
ð La centrale d’Hambach a pour rôle de créer de l’électricité avec le meilleur rendement selon les pointes de demande en électricité, elle fonctionne en mode discontinue et n’est donc pas adaptée à un projet de cogénération qui fonctionne lui en mode continue.
Damien Marcel « Pourquoi brûler du gaz ? On peut aussi utiliser le biogaz (méthane issu des déchets ménagers) pour produire de l’électricité de façon plus intelligente. On peut également produire de la bioélectricité avec de la biomasse et cela ne produit aucun Co2.
On a aussi l’énergie éolienne et le photovoltaïque qui est une énergie d’avenir. Solarenergy créé à Woustviller en février 2008 emploie 17 personnes, va passer à 25 en septembre et a 30 monteurs en sous-traitance (donc 55 emplois grâce à une énergie renouvelable).
En Allemagne, grâce au photovoltaïque 600.000 emplois ont été créés. Dans quelques années, grâce à la microcogénération on va tous devenir producteurs d’électricité tout en se chauffant. Il y a également la pile à combustible.
Il y a donc des solutions énergétiques compatibles pour les pics de demande en électricité : la cogénération en hiver et le photovoltaïque en été.
On peut donc faire autre chose que brûler du gaz pour produire du courant. »
Réponse :
ð Il existe de nombreuses technologies en développement pour fabriquer de l’électricité. Toutes ne sont pas à un stade de développement suffisamment pour être techniquement sure et financièrement rentables. Il n’est pas possible de changer le parc électrique français du jour au lendemain. La solution réside dans un mix de moyens de production.
ð Direct Energie travaille activement dans le domaine des énergies renouvelables, mais ces énergies ont des inconvénients qui leur sont propres :
o Le solaire est très coûteux, dépendant des conditions d’ensoleillement (1200h/an, soit 13,7 % d’une année) et consommateur d’espace (0,5 MW/ha en plein champs),
o L’éolien est dépendant des conditions atmosphériques (2200 h de fonctionnement par an, soit 25,11% d’une année) et consommateur d’espace ( < 10MW/ha).
o La biomasse n’a d’intérêt qu’en présence de filières adaptées de déchets organiques disponibles. La taille des installations est très faible : de l’ordre de 0,5 MWe à 4 MWe, il n’existe pas d’unité biogaz capable de produire 800 MWe d’électricité. Enfin les unités biogaz fonctionnent en continu et ne permettent pas de répondre à un besoin discontinu (on ne peut pas mettre en route ou l’arrêt une installation de biogaz pour répondre à des pics de consommation d’électricité).
Damien Marcel « Derrière cette aberration énergétique se cachent pires : les polluants (qui sont proportionnels à la qualité énergétique). Il y aura 2 cheminées de 56m de haut et de 7m de diamètre, desquelles s’échapperont 2.800.000m³/h de fumées à 98°C et à une vitesse de 15m/seconde.
Et cela pendant 30 ans (jusqu’en 2043).
La combustion du gaz émet différentes substances ou polluants contrairement à l’idée reçue que le gaz ne pollue pas :
- des NOx (monoxyde et dioxyde d’Azote) 1.920 tonnes/an. Le dioxyde d’azote affaiblit les défenses de l’organisme. Les NOx mélangés à la vapeur d’eau forment de l’acide nitrique et provoqueront des pluies acides ayant un impact non négligeable sur la faune et la flore (regardez vous même sur internet les photos de forêts touchées par les pluies acides, c’est édifiant)
- du SO2 (dioxyde de soufre) qui additionné à la vapeur d’eau forme de l’anhydride sulfurique lui aussi responsable des pluies acides : 384 tonnes/an.
- Du CO (monoxyde de carbone) : 3.264 tonnes/an provoque vertiges et anémies
- Du CO2 (dioxyde de carbone) 2.604.640 tonnes/an, soit 2 milliards 600 mille kg ! C’est aberrant alors que le Grenelle de l’environnement nous fixe pour objectif en 2050 de diviser par 4 nos émissions de CO2 (gaz à effet de serre responsable du réchauffement de la planète). »
Réponse :
ð Les effets sanitaires de ces substances dépendent de leur concentration dans l’air ambiant. Des études sanitaires ont été réalisées selon les méthodologies très strictes établies par les organismes compétents en la matière. Les études toxicologiques démontrent que la situation sanitaire et environnementale sera conforme à la réglementation et respectueuse de la santé des habitants et à la préservation de l’environnnement.
ð Les émissions de CO2 sont à prendre en considération à l’échelle nationale, voire mondiale. La France s’est engagée dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre, notamment par le protocole de Kyoto et le Paquet Energie Climat qui prévoit la réduction de 20% de ces émissions à horizon 2020. Le remplacement des centrales charbon existantes par des technologies moins émettrices est un des moyens pour y parvenir.
ð Le parc thermique classique centralisé connaît aujourd'hui une forte évolution afin de respecter les nouvelles normes environnementales en termes d'émissions de polluants atmosphériques conformément aux directives « grandes installations de combustion » et « plafonds nationaux d'émissions » pour les NOx et les SOx. Ces directives ont pour conséquence la dépollution des tranches charbon pérennes mais aussi la limitation de fonctionnement et la fermeture en 2015 des tranches charbon anciennes et leur remplacement par des technologies plus propres utilisant par exemple le combustible gaz.
Damien Marcel : « Direct Energie prévoit une hausse annuelle de 1.3% de la consommation d’énergie. Comment est-ce possible alors que les ampoules à incandescence sont en cours de remplacement par les ampoules basse consommation et que tous les produits électriques sont étiquetés en fonction de leur consommation d’énergie (on achète généralement ceux qui consomment le moins) ? Peut être se basent-ils sur la hausse de la consommation qui sera due aux voitures électriques ? »
Réponse :
ð La hausse des consommations d’électricité est un fait depuis de nombreuses années. La maîtrise de la demande a permis de la réduire mais les usages spécifiques de l’électricité sont de plus en plus nombreux (pompes à chaleur, climatisation, électroménager, chauffage électrique, informatiques et nouvelles technologie…).
ð Les besoins en électricité pendant les périodes de pointe augmentent tous les ans et les moyens de production thermiques seront, dans les prochaines décennies, les seules disponibles pour y faire face.
Evolution de la consommation d’électricité en France
