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- Lettre d'info Juillet 2009
Notre choix conforté par les expertises sanitaires et environnementales complémentaires
Toute activité domestique ou industrielle a une influence sur son environnement. L’essentiel est de savoir si notre qualité de vie peut être impactée par cette activité car notre santé ne sera jamais monnayée.
Partant de ce principe intangible, nous avons par le passé ou encore récemment refusé l’implantation sur nos zones industrielles de projets jugés néfastes pour l’environnement ou la santé des habitants de l’agglomération.
Cette préoccupation nous guide dans l’ensemble des choix que nous opérons chaque jour dans nos domaines de compétences, notamment en matière de transports, de traitement des eaux usées ou des déchets ménagers.
Si nous soutenons le projet d’implantation d’un cycle combiné à gaz naturel à Hambach, c’est parce que les études en notre possession et les contacts depuis de nombreux mois ont fait apparaître que les rejets engendrés par la future centrale n’auront pas d’impact pour les populations.
Les conclusions des expertises complémentaires demandées par la Communauté d’Agglomération démontrent clairement que le risque sanitaire n’est pas significatif pour la population générale et soulignent que les résultats de l’étude d’impact environnemental apportent les garanties nécessaires; ce qui nous amène donc à confirmer notre soutien à ce projet.
Roland Roth
Président de la Communauté d’Agglomération Sarreguemines Confluences
Conseiller Régional de Lorraine
Les conclusions des experts en toxicologie et hygiène industrielle
Docteur Jean-Christophe Martin, Docteur en Médecine, expert en toxicologie clinique et hygiène industrielle, diplômé en santé publique, praticien hospitalier au service de pathologie professionnelle de l’Hôpital Cochin.
Docteur Dominique Brousse, Docteur en Médecine, diplômé en toxicologie clinique et hygiène industrielle, ancien attaché au CHRU de Tours en pathologie respiratoire et chargé d’enseignement universitaire au CNAM, au CNRS et à la faculté d’Orsay.
Etes-vous pour ou contre ce projet de centrale de production électrique ?
Docteur Brousse : Nous ne sommes ni pour, ni contre ce projet. En fait, la Communauté d’Agglomération Sarreguemines Confluences nous a mandatés pour donner un avis d’expertise toxicologique vis-à-vis des différents risques et impacts sanitaires pour les populations environnantes. Il faut comprendre que nous ne sommes ni à charge, ni à décharge dans ce dossier, mais nous agissons en tant qu’experts indépendants et nous rendons un avis factuel, argumenté et objectif.
Quelle est la différence entre risque et danger ?
Dr B : La question est de savoir à quel niveau réel de risque les populations qui sont situées à proximité sont exposées. Rappelons que le risque est en fait la probabilité d’être exposé à un danger donné, qu’il soit biologique, physique ou chimique.
Pour les oxydes d’azote et les oxydes de soufre, quels sont les risques chimiques ?
Dr B : Les taux d’oxyde de soufre ou d’oxyde d’azote rejetés par la centrale sont bien en deçà des valeurs guides réglementaires qui ont servi de valeurs toxicologiques de référence. Ce sont ces valeurs les plus restrictives qui ont été utilisées pour évaluer le risque potentiel pour les populations environnantes. Lorsque l’on effectue les calculs de risque, l’indice de risque pour la population générale située à proximité de la centrale est de 0,01 pour l’oxyde de soufre et de 0,06 pour l’oxyde d’azote. En dessous de 1, il n’y a pas de risque supplémentaire pour la population par rapport à la situation actuelle.
Et pour le monoxyde de carbone ?
Docteur Jean-Christophe Martin : Le monoxyde de carbone est habituellement mesuré pour vérifier la qualité de l’air. Il y a une valeur guide qui est de
10 000 microgrammes par m3. Pour les habitations les plus proches, les modèles de dispersion des rejets donnent une valeur de 6 microgrammes par m3, c’est-à-dire bien inférieure aux normes recommandées.
Avez-vous aussi étudié le problème des légionelles qui se rapportent aux tours aéro-réfrigérantes?
Dr B : A signaler à ce sujet que ces tours aéro-réfrigérantes seront situées à plus de 600 m des habitations les plus proches, classant la centrale en catégorie 4 (risque le plus faible) vis-à-vis du risque légionelles. Nous ferons des recommandations pour pouvoir garantir ces résultats lors de l’exploitation.
Pour les riverains, nous aimerions savoir s’il y aura plus de bruit que la situation actuelle ?
Dr B : En limite de propriété, en particulier pour les points qui se situent au Nord et au Nord-Est du site, la nuisance sonore principale, c’est le trafic automobile de l’autoroute A4 qui passe à proximité. Le fait d’installer la centrale ne générera pas de nuisance de bruit supplémentaire par rapport au niveau de bruit déjà existant.
Docteur Martin, vous avez étudié d’autres risques, les particules. Que pouvez-vous nous dire à ce sujet ?
Dr M : A notre connaissance, Hambrégie (ndlr : filiale de Direct Energie) est l’un des rares exploitants à avoir étudié le risque particules fines dans son dossier de demande d’autorisation d’exploiter.
Ce n’est pas habituel ?
Dr M : Ce n’est généralement pas habituel puisque l’on considère que les centrales à gaz ne rejettent pas de particules, si l’on excepte les particules qu’elles aspirent. Les calculs ont été réalisés à partir de modèles de dispersion atmosphérique en prenant les hypothèses les plus défavorables à Hambrégie.
Quels sont les résultats de ces calculs ?
Dr M : Les valeurs calculées au niveau des habitations les plus proches sont au maximum de 0,6 microgramme par m3, donc très nettement inférieures à la valeur toxicologique de référence, qui sera, en 2010, de 25 microgrammes par m3 pour la réglementation française et de 10 microgrammes par m3 pour l’Organisation Mondiale de la Santé.
Quelle est votre conclusion, Docteur Martin ?
Dr M : Le dossier de demande d’autorisation d’exploiter nous paraît très complet et réalisé en utilisant une méthodologie satisfaisante. Le rapport d’expertise que nous remettons à la Communauté d’Agglomération comporte un certain nombre de recommandations afin d’apporter toutes les assurances nécessaires pour préserver la santé des populations environnantes.
Et pour vous, Docteur Brousse ?
Dr B : Je dirais, en conclusion, qu’après examen minutieux du dossier qui nous a été remis, on peut considérer que le risque évalué pour la population générale apparaît tout à fait négligeable et maîtrisé vis-à-vis des différents dangers physiques, chimiques ou biologiques qui ont été clairement identifiés dans ce rapport.
Les conclusions du cabinet d’expertise ANTEA
Société complètement indépendante, ANTEA dispose d’une expérience reconnue en évaluation des risques environnementaux, sanitaires et industriels. En effet, ANTEA réalise chaque année plus de 70 dossiers d’études contribuant à la maîtrise des risques des installations classées pour la protection de l’environnement.
Extraits de l’avis critique sur l’étude d’impact environnemental
“L’avis critique sur l’étude d’impact du projet Hambrégie de construction d’une centrale de production d’électricité à cycle combiné gaz a été établi sur les bases réglementaires.
Il ressort de cette lecture que l’ensemble des thématiques exigées par la réglementation a été correctement couvert.
La caractérisation des impacts s’appuie sur des études d’experts cohérentes et ne présentant pas de manque particulier de nature à remettre en cause les conclusions établies.
L’étude d’impact du projet est satisfaisante dans la mesure où elle apporte des réponses et des garanties vis-à-vis des exigences réglementaires et du contexte local particulièrement sensible.
Le projet Hambrégie nous semble donc apporter toutes les garanties attendues de protection de l’environnement. “
Extraits de l’avis critique sur l’Evaluation des Risques Sanitaires
“Le document maîtrise la démarche d’évaluation des risques sanitaires et a mis en œuvre les outils appropriés pour mener cette étude.
En l’état actuel des connaissances, les hypothèses retenues pour le calcul des effets sur la santé sont sécuritaires.
En complément des études sanitaires du dossier, nous avons pris en compte les flux d’hydrocarbures aromatiques polycycliques, de métaux et de composés organiques volatils non considérés par Hambrégie, car à l’état de trace. La prise en compte de ces compléments ne modifie pas notre appréciation finale sur l’aspect sécuritaire pour la santé.”